OBLIGATION EN VIGUEUR
Une faille exploitée dans votre produit : 24 heures pour donner l'alerte
Faille exploitée ou incident grave : l'alerte part en 24 heures sur la plateforme de l'ENISA, vers le CERT-FR. Les six gestes, le contenu de chaque envoi.
Sur cette page
- Les 24 premières heures, en six gestes
- Vos produits déjà en vente sont couverts
- Une faille exploitée ou un incident grave déclenche le signalement
- Alerter en 24 heures, notifier en 72 heures, conclure ensuite
- Un seul envoi, deux destinataires : votre CSIRT et l'ENISA
- Vous devez aussi prévenir vos clients
- Les amendes arrivent le 11 décembre 2027, l'obligation court déjà
- Cinq pièces à préparer avant l'incident, sans budget
Depuis le 11 septembre 2026, le Cyber Resilience Act (CRA) vous impose de signaler toute faille activement exploitée dans vos produits.
Dans les 24 heures, vous envoyez une alerte précoce sur la plateforme unique de l'ENISA, l'agence européenne de cybersécurité. Pour un fabricant établi en France, elle part en même temps au CERT-FR et à l'ENISA.
L'essentiel du CRA attend le 11 décembre 2027, mais le signalement est déjà applicable.
Article 14 et guides de l'ENISA
Les 24 premières heures, en six gestes
Le premier envoi est une alerte, et elle tient en quelques champs.
Un titre, un résumé, le produit, sa version, les pays de vente connus. Les champs les plus lourds n'arrivent qu'à 72 heures, ou au rapport final.
Qualifier l'événement
Une faille activement exploitée, ou un incident grave touchant la sécurité du produit ? Vous menez cette première évaluation sans attendre.
Noter l'heure où vous avez su
Les délais partent du moment où vous êtes raisonnablement certain. Notez cette heure, et qui a tranché. À ce jour, la plateforme ne l'enregistre pas pour une faille.
Identifier votre CSIRT
C'est l'équipe publique de réponse aux incidents du pays où se prennent vos décisions de cybersécurité. Pour la France, la liste de l'ENISA renvoie au CERT-FR.
Vous connecter à la plateforme
Avec un compte EU Login, le service d'identification de la Commission européenne, double authentification activée. L'interface est en anglais, et tout dépôt se fait à la main.
Remplir l'alerte précoce
Un titre, un résumé, le produit et sa version, les pays de vente connus. Pour un incident, l'heure de détection, et s'il peut venir d'un acte malveillant.
Préparer la suite
Vous préparez l'information des utilisateurs touchés, puis la notification des 72 heures.
Choisissez bien votre CSIRT, car un envoi adressé au mauvais peut être invalidé pendant que le délai court. La plateforme est indisponible ? Si l'urgence l'exige, appelez le CERT-FR, puis déposez dès son retour.
Le texte en détail : article 14, paragraphes 2, 4 et 7, et guides de l'ENISA
Les délais partent de la prise de connaissance (article 14, paragraphes 2 et 4). Pour la Commission, le fabricant a connaissance quand une première évaluation lui donne un degré raisonnable de certitude. Elle le dit au point 213 de ses lignes directrices du 27 juillet 2026, en anglais et sans valeur contraignante.
Pour une vulnérabilité, l'alerte précoce indique le cas échéant les pays de mise à disposition connus (article 14, paragraphe 2, point a)). Celle d'un incident grave indique au minimum si l'incident pourrait avoir été causé par des actes illicites ou malveillants (article 14, paragraphe 4, point a)).
Le CSIRT compétent est celui de l'État membre de l'établissement principal du fabricant dans l'Union. C'est l'État où sont principalement prises les décisions relatives à la cybersécurité des produits. À défaut, c'est celui de l'établissement qui compte le plus de salariés dans l'Union (article 14, paragraphe 7).
La marche à suivre sur la plateforme est décrite par l'ENISA. Ses guides d'inscription et de dépôt datent du 12 septembre 2026. Sa FAQ et son glossaire des champs, en version 1.5, du 15 octobre 2026.
À la première connexion, vous choisissez le rôle de représentant du fabricant et votre CSIRT, puis vous acceptez l'accord juridique de la plateforme. Vous saisissez ensuite le nom du fabricant. Le compte EU Login est personnel, et l'authentification multifacteur est obligatoire.
Le CSIRT valide ensuite votre rattachement au fabricant, en parallèle du signalement : cette validation ne bloque pas l'envoi. Un compte non encore validé peut déposer jusqu'à vingt notifications.
Notre commentaire de l'article 14, paragraphe par paragraphe : l'article 14 commenté.
Le glossaire de l'ENISA classe chaque champ : obligatoire, facultatif, obligatoire si l'information est disponible, ou repris de l'étape précédente. Une note précise que le champ « date et heure de prise de connaissance » d'une vulnérabilité arrivera dans une prochaine version.
Un choix erroné de CSIRT peut entraîner l'invalidation de la notification et son nouveau dépôt (FAQ de l'ENISA, question 18). En cas d'indisponibilité, un contact direct avec le CSIRT ne dispense pas du dépôt sur la plateforme (question 25). Aucune interface de programmation n'est fournie à ce stade (question 15).
Article 69, paragraphe 3
Vos produits déjà en vente sont couverts
Un fabricant qui n'a rien préparé pour 2027 a déjà une obligation en cours sur tout son catalogue.
Le signalement vise aussi les produits que vous vendez déjà, et non les seuls produits mis sur le marché en décembre 2027.
Seule compte la date à laquelle vous apprenez l'exploitation, à partir du 11 septembre 2026. Une nouvelle preuve d'exploitation apprise depuis cette date se signale, même pour une faille connue avant.
Le signalement continue aussi après la fin de votre période d'assistance.
Le texte en détail : article 69, paragraphe 3
Après le rectificatif du 2 juillet 2025, l'article 69, paragraphe 3, vise les produits mis sur le marché avant le 11 décembre 2027. L'article 14 s'applique donc à ces produits depuis le 11 septembre 2026.
La Commission précise trois points dans ses lignes directrices du 27 juillet 2026. L'obligation naît de la prise de connaissance, à partir du 11 septembre 2026. Une nouvelle preuve d'exploitation apprise depuis cette date se signale, même pour une faille connue avant (point 217). Le signalement continue après la fin de la période d'assistance (point 210).
Pour un produit mis sur le marché avant le 11 décembre 2027, le fabricant signale. Il n'est pas tenu pour autant aux obligations de gestion des vulnérabilités de l'annexe I, partie II (point 210). La FAQ de la Commission dit la même chose à sa question 5.3.
Articles 3 et 14
Une faille exploitée ou un incident grave déclenche le signalement
Une faille connue que personne n'exploite ne se signale pas dans les 24 heures.
Une faille activement exploitée
Un attaquant s'en est servi, et vous en avez des preuves fiables.
Un incident grave
Il menace la sécurité du produit : des données ou fonctions sensibles, ou l'arrivée d'un code malveillant.
Une faille publiée dans un avis de sécurité, trouvée par votre équipe, par un testeur mandaté ou par un chercheur récompensé ne compte que si son exploitation est établie.
La faille vient d'un composant tiers, et elle est exploitée dans votre produit ? Vous la signalez aussi. Votre nomenclature logicielle (SBOM) vous dit en quelques minutes si ce composant est chez vous. Si la faille ne peut pas être exploitée dans votre produit, le signalement ne s'impose pas à vous.
Pour l'incident grave, une seule des deux conditions suffit, et vous n'avez pas à attendre que le dommage soit constaté. Seules les données et fonctions « sensibles ou importantes » sont visées. Vous devez donc savoir lesquelles avant l'incident, et cela se décide lors de l'évaluation des risques de votre dossier.
Le texte en détail : article 3, point 42, article 14, paragraphe 5, et considérant 68
Le règlement définit la vulnérabilité activement exploitée par des preuves fiables (article 3, point 42). Un acteur malveillant l'a exploitée dans un système, sans l'autorisation de son propriétaire.
Un incident ayant des répercussions sur la sécurité du produit est grave dans deux cas (article 14, paragraphe 5). Il entache, ou est susceptible d'entacher, la protection de données ou fonctions sensibles ou importantes. Ou il a conduit, ou est susceptible de conduire, à l'introduction ou à l'exécution d'un code malveillant.
Le considérant 68 écarte du signalement obligatoire les vulnérabilités découvertes sans intention malveillante, pour des essais, des enquêtes ou une divulgation de bonne foi. La FAQ de la Commission en donne deux exemples, à sa question 5.2 : le chercheur récompensé, et le laboratoire mandaté par le fabricant.
Pour une vulnérabilité d'un composant intégré, la FAQ de la Commission (question 5.4) et ses lignes directrices (point 218) retiennent la même règle. Exploitée dans le produit, elle est notifiée par son fabricant. Inexploitable ou non exploitée dans le produit, elle ne l'est pas à titre obligatoire.
Dans ce dernier cas, le fabricant devra, à partir du 11 décembre 2027, la signaler à celui qui maintient le composant (article 13, paragraphe 6). Le signalement volontaire de l'article 15 n'est pas encore ouvert sur la plateforme (FAQ de l'ENISA, question 27).
Article 14, paragraphes 2, 4 et 6
Alerter en 24 heures, notifier en 72 heures, conclure ensuite
Le calendrier est le même pour les deux événements, seul le départ du rapport final change.
Chaque envoi a son contenu minimal, fixé par le règlement.
| Envoi | Faille activement exploitée | Incident grave |
|---|---|---|
| Alerte précoce, 24 heures | L'alerte elle-même et, si vous les connaissez, les pays de l'Union où le produit est vendu. | L'alerte, si l'incident peut venir d'un acte illicite ou malveillant, et les pays de vente connus. |
| Notification, 72 heures | Le produit, la nature de la faille et de son exploitation, les mesures prises et celles que vos clients peuvent prendre. | La nature de l'incident, une première évaluation, les mesures prises et celles que vos clients peuvent prendre. |
| Rapport final | La faille, sa gravité et ses effets, l'attaquant s'il est connu, le correctif. Au plus tard 14 jours après le correctif. | L'incident en détail, sa gravité et ses effets, la cause probable, les mesures appliquées et en cours. Dans le mois qui suit la notification. |
Pour une faille, le rapport final part du correctif : vous rendez compte dans les quatorze jours qui suivent sa mise à disposition. Vous complétez la même notification à chaque étape, sans tout réécrire.
Le texte en détail : article 14, paragraphes 2, 4, 6 et 10
| Étape | Vulnérabilité activement exploitée | Incident grave |
|---|---|---|
| Alerte précoce | 24 heures, art. 14(2) a) | 24 heures, art. 14(4) a) |
| Notification | 72 heures, art. 14(2) b) | 72 heures, art. 14(4) b) |
| Rapport final | 14 jours après la mise à disposition d'une mesure de correction ou d'atténuation, art. 14(2) c) | 1 mois après la présentation de la notification, art. 14(4) c) |
La notification et le rapport final sont dus « à moins que les informations pertinentes n'aient déjà été communiquées ». La notification précise, s'il y a lieu, la sensibilité que le fabricant attribue aux informations (article 14, paragraphes 2 et 4, points b)).
Le rapport final d'une vulnérabilité comprend au moins sa description, avec sa gravité et ses répercussions, et les informations disponibles sur l'acteur malveillant. Il précise aussi la mise à jour de sécurité ou les autres mesures correctives (article 14, paragraphe 2, point c)).
Le rapport final d'un incident grave comprend au moins une description détaillée, avec sa gravité et ses répercussions. Il indique aussi le type de menace ou la cause profonde probable. Il décrit enfin les mesures d'atténuation appliquées et en cours (article 14, paragraphe 4, point c)).
Le CSIRT qui reçoit la notification peut demander un rapport intermédiaire de situation (article 14, paragraphe 6). La Commission peut préciser le format des notifications par acte d'exécution (article 14, paragraphe 10) : aucun n'est adopté au 17 octobre 2026.
Articles 14, 16 et 17
Un seul envoi, deux destinataires : votre CSIRT et l'ENISA
Vous déposez une fois, sur la plateforme de l'ENISA, en service depuis le 11 septembre 2026.
Elle met votre envoi, en même temps, à la disposition de votre CSIRT et de l'ENISA.
Pour la France, la liste de l'ENISA renvoie au CERT-FR, rattaché à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Il transmet votre envoi aux équipes des autres pays où vous dites vendre le produit. Ce cadre français est suivi et daté sur l'état du droit.
Le texte en détail : articles 14, 16 et 17, et cadre français
Le fabricant notifie simultanément au CSIRT désigné comme coordinateur et à l'ENISA, par la plateforme unique de signalement (article 14, paragraphes 1 et 3). La plateforme est établie et gérée par l'ENISA (article 16, paragraphe 1).
Le CSIRT destinataire diffuse sans retard la notification aux CSIRT des pays de mise à disposition indiqués par le fabricant (article 16, paragraphe 2). Il fournit aux autorités de surveillance du marché les informations dont elles ont besoin (article 16, paragraphe 3).
L'article 71, paragraphe 2 n'avance que l'article 14 : les articles 15 à 17 relèvent du 11 décembre 2027. La FAQ de l'ENISA décrit pourtant cette diffusion comme en place sur la plateforme depuis le 11 septembre 2026.
Dans des circonstances exceptionnelles, cette diffusion peut être retardée pour des motifs de cybersécurité. Le règlement délégué (UE) 2026/881, publié au Journal officiel le 20 avril 2026 et en vigueur, en fixe les conditions.
L'ENISA ajoute une vulnérabilité corrigée et connue du public à la base européenne en accord avec le fabricant (article 17, paragraphe 5). Sa FAQ indique qu'elle contacte le fabricant à cette fin (question 35).
L'article 17, paragraphe 4 prévoit que la seule notification n'expose pas son auteur à une responsabilité accrue. Il ne s'applique qu'à partir du 11 décembre 2027.
La liste des CSIRT coordinateurs publiée par l'ENISA, mise à jour le 10 septembre 2026, renvoie au CERT-FR pour la France.
Un fabricant sans établissement dans l'Union suit un ordre fixé par l'article 14, paragraphe 7. C'est d'abord l'État de son mandataire, puis celui de son importateur, puis celui de son distributeur, enfin celui où ses utilisateurs sont les plus nombreux.
Article 14, paragraphe 8
Vous devez aussi prévenir vos clients
C'est l'obligation la plus souvent oubliée, et elle vise vos clients, en plus des autorités.
Vous informez les utilisateurs touchés et, si besoin, des mesures qu'ils peuvent prendre.
Il vous faut donc :
- Une liste à jour des utilisateurs de chaque produit.
- Un message prêt d'avance, car un message écrit dans l'urgence inquiète plus qu'il n'aide.
Selon la Commission, vous pouvez réserver le détail technique aux clients concernés, quand sa publication aggraverait le risque. Si vous tardez, les autorités peuvent prévenir vos clients à votre place, et mieux vaut que l'information sorte de chez vous.
Le texte en détail : article 14, paragraphe 8, et article 17, paragraphe 2
Le fabricant informe les utilisateurs du produit touché et, s'il y a lieu, tous les utilisateurs (article 14, paragraphe 8). Il les informe aussi, si nécessaire, des mesures correctives ou d'atténuation qu'ils peuvent mettre en place.
Le texte ajoute une exigence de forme, « s'il y a lieu » : « un format structuré, lisible par machine pouvant être facilement traité automatiquement ».
Si le fabricant n'informe pas les utilisateurs en temps utile, les CSIRT coordinateurs peuvent le faire, s'ils le jugent proportionné et nécessaire.
Dès le 11 décembre 2027, pour un incident grave, le CSIRT coordinateur pourra aussi informer le public, ou l'exiger du fabricant (article 17, paragraphe 2).
Selon les lignes directrices de la Commission du 27 juillet 2026, l'information des utilisateurs s'applique de façon proportionnée. Elle n'impose pas une publication indiscriminée (points 220 et 221).
Articles 64 et 71
Les amendes arrivent le 11 décembre 2027, l'obligation court déjà
Les amendes du règlement ne s'appliquent qu'à partir du 11 décembre 2027.
La sanction d'un manquement au signalement commis avant cette date n'est pas tranchée à ce jour. L'obligation de signaler, elle, court depuis le 11 septembre 2026.
- 11 décembre 2027
- amendes du règlement
- 15 millions d'euros
- ou 2,5 % du chiffre d'affaires annuel mondial
Dès le 11 décembre 2027, un manquement au signalement expose à une amende jusqu'à 15 millions d'euros ou 2,5 % du chiffre d'affaires annuel mondial.
À la même date, une micro ou petite entreprise, moins de 50 personnes et 10 millions d'euros au plus, ne pourra pas recevoir d'amende pour une alerte précoce tardive. Le signalement, lui, reste dû. L'ENISA tient un service d'assistance, en particulier pour les petites entreprises.
Le texte en détail : articles 3, 17, 64 et 71
Le règlement est applicable à partir du 11 décembre 2027. Seuls l'article 14 et le chapitre IV, articles 35 à 51, s'appliquent plus tôt (article 71, paragraphe 2). L'article 64, qui fixe les amendes, relève donc du 11 décembre 2027.
Le règlement ne dit pas comment serait sanctionné un manquement à l'article 14 commis avant le 11 décembre 2027. Aucune source primaire ne le tranche au 17 octobre 2026.
Dès le 11 décembre 2027, les manquements aux articles 13 et 14 sont passibles de 15 millions d'euros ou 2,5 % du chiffre d'affaires mondial. Le montant le plus élevé est retenu (article 64, paragraphe 2).
Une micro ou petite entreprise ne pourra pas recevoir d'amende administrative pour une alerte précoce tardive (article 64, paragraphe 10, point a)). Le rectificatif du 2 juillet 2025 fait porter cette dérogation sur les paragraphes 2 à 9, au lieu de 3 à 9. Sans lui, elle n'aurait pas couvert le paragraphe 2, qui porte les amendes de l'article 14.
Les catégories d'entreprises sont celles de la recommandation 2003/361/CE (article 3, point 19). Les effectifs et les montants d'une entreprise partenaire ou liée s'y ajoutent, en tout ou en partie. Une filiale de groupe peut donc ne pas être une petite entreprise.
L'ENISA indique tenir un service d'assistance, surtout pour les petites et moyennes entreprises, avec l'appui des CSIRT coordinateurs (FAQ de l'ENISA, question 19). L'article 17, paragraphe 6 en fera une obligation des CSIRT à partir du 11 décembre 2027.
En pratique
Cinq pièces à préparer avant l'incident, sans budget
Le jour de l'incident, l'entreprise qui a ses cinq pièces envoie son alerte pendant que d'autres cherchent encore la procédure.
- Une adresse publique pour signaler une faille Sur votre site et dans la documentation du produit. C'est aussi une exigence de sécurité : posez-la tout de suite.
- Une politique de divulgation coordonnée Une règle écrite : comment vous recevez un signalement extérieur, et ce que vous en faites.
- Une procédure interne d'une page Qui qualifie, qui décide, qui rédige, qui envoie, et qui remplace chacun. Votre CSIRT y est écrit noir sur blanc.
- Deux comptes EU Login, double authentification activée Un par personne, car ces comptes sont personnels. L'ENISA conseille de ne s'inscrire sur la plateforme qu'au premier signalement : l'inscription prend alors quelques minutes.
- Vos trois modèles, hors de la plateforme Alerte, notification, rapport final, prêts à recopier. Sur la plateforme, un brouillon n'est visible que par son auteur.
Une fois votre compte validé par le CSIRT, invitez tout de suite votre suppléant, car l'ENISA ne le permet pas avant.
Les trois modèles vous attendent déjà dans votre espace, avec le registre qui suit vos délais produit par produit. Créer votre accès est sans frais, et l'espace calcule les échéances de chaque incident. Votre dossier passe ensuite ces exigences en revue, point par point.
Le texte en détail : annexe I, partie II, points 5 et 6, et FAQ de l'ENISA
L'adresse de contact pour le signalement des vulnérabilités est une exigence de l'annexe I, partie II, point 6. La politique de divulgation coordonnée des vulnérabilités figure à l'annexe I, partie II, point 5. Ces exigences s'appliquent le 11 décembre 2027.
L'ENISA conseille de créer à l'avance le compte EU Login, et de ne s'inscrire sur la plateforme qu'au moment d'un signalement. Elle le justifie par la charge de validation des CSIRT (FAQ de l'ENISA, question 9).
Chaque fabricant a un représentant principal et jusqu'à vingt suppléants. Le principal ne peut inviter un suppléant qu'une fois son rattachement validé. Les brouillons restent visibles de leur seul auteur.
Votre produit émet ou reçoit des ondes radio et se connecte à internet ? Des exigences de cybersécurité s'appliquent déjà depuis le 1er août 2025.
Êtes-vous fabricant au sens du règlement, donc tenu de signaler ? Le diagnostic répond en treize questions au maximum, sans frais et sans compte. DATIVO écrit cette page à partir du règlement et des guides de l'ENISA, cités en sources. Commencer le diagnostic.
Questions fréquentes
Que faire dans les 24 heures après la découverte d'une faille exploitée ?
Qualifiez l'événement, notez l'heure de prise de connaissance, identifiez votre CSIRT, puis déposez l'alerte précoce sur la plateforme unique de l'ENISA. Elle tient en quelques champs : titre, résumé, produit, version, pays de vente connus. L'analyse vient à 72 heures (art. 14, paragraphes 2 et 4).
Mon produit est déjà en vente. Suis-je concerné ?
Oui. Le signalement s'applique depuis le 11 septembre 2026 aux produits mis sur le marché avant le 11 décembre 2027. Un produit conçu avant l'entrée en application du règlement n'est pas exclu. C'est la lecture retenue après le rectificatif du 2 juillet 2025 à l'article 69, paragraphe 3.
À partir de quand courent les 24 heures ?
À partir du moment où vous avez connaissance de l'exploitation ou de l'incident. Pour la Commission, c'est quand une première évaluation, menée sans attendre, vous donne un degré raisonnable de certitude. Elle le dit au point 213 de ses lignes directrices du 27 juillet 2026, sans valeur contraignante.
Qu'est-ce qu'une vulnérabilité activement exploitée ?
Une faille dont on a des preuves fiables qu'un attaquant l'a exploitée dans un système, sans l'autorisation du propriétaire. La preuve d'exploitation est le critère. Une faille connue mais sans exploitation constatée n'en est pas une (art. 3, point 42).
Faut-il signaler une faille que personne n'exploite ?
Non, pas au titre du signalement en 24 heures. C'est aussi le cas d'une faille trouvée par un testeur mandaté, ou par un chercheur récompensé (considérant 68). Elle relève de la gestion des vulnérabilités, applicable le 11 décembre 2027 (annexe I, partie II).
La faille vient d'un composant tiers. Dois-je la signaler ?
Oui, si elle est activement exploitée dans votre produit. Non, si elle ne peut pas y être exploitée, ou ne l'a pas été. À partir du 11 décembre 2027, vous la signalerez alors à celui qui maintient le composant (art. 13, paragraphe 6). C'est la lecture de la Commission, question 5.4 de sa FAQ.
J'avais connaissance de l'exploitation avant le 11 septembre 2026. Dois-je la signaler ?
L'obligation part du jour où vous apprenez l'exploitation, à partir du 11 septembre 2026. Une nouvelle preuve d'exploitation apprise depuis cette date se signale, même pour une faille connue avant (lignes directrices de la Commission, point 217).
À qui envoyer le signalement en France ?
Vous passez par la plateforme unique de l'ENISA. Elle adresse le signalement en même temps à l'ENISA et au CSIRT coordinateur. Pour la France, la liste de l'ENISA renvoie au CERT-FR de l'ANSSI.
Faut-il créer son compte sur la plateforme à l'avance ?
Créez à l'avance le compte EU Login, avec la double authentification, pour deux personnes au moins. Pour l'inscription sur la plateforme elle-même, l'ENISA conseille d'attendre le premier signalement : elle prend alors quelques minutes (FAQ de l'ENISA, question 9).
La plateforme est indisponible. Que faire ?
Attendez son rétablissement, puis déposez. Si l'urgence l'exige, contactez directement le CERT-FR. Ce contact ne dispense pas du dépôt sur la plateforme, dès son retour (FAQ de l'ENISA, question 25).
Le compteur de la plateforme fait-il foi ?
Non. À ce jour, il fixe l'échéance des 72 heures à 48 heures après votre alerte précoce, et non depuis votre prise de connaissance. L'ENISA rappelle qu'il ne remplace pas l'obligation (question 26). Tenez votre propre horloge.
L'incident touche aussi des données personnelles. Que change-t-il ?
Deux obligations distinctes peuvent se cumuler. Le signalement CRA va au CSIRT et à l'ENISA. Si vous êtes responsable du traitement, la violation se notifie aussi à la CNIL, si possible dans les 72 heures. Seule exception : un risque improbable pour les personnes (règlement (UE) 2016/679, article 33).
Que se passe-t-il si je dépasse les 24 heures ?
L'obligation de signaler demeure dans tous les cas. Les amendes du règlement ne s'appliquent qu'à partir du 11 décembre 2027 (art. 71, paragraphe 2). La sanction d'un manquement au signalement commis avant cette date n'est pas tranchée à ce jour. Ensuite, une micro ou petite entreprise ne pourra pas recevoir d'amende administrative pour ce retard (art. 64, paragraphe 10, point a)). Pour les autres, le plafond sera de 15 millions d'euros ou 2,5 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le plus élevé étant retenu (art. 64).
Le règlement commenté
- Article 14 : une faille exploitée se signale depuis le 11 septembre 2026
- Article 64 : jusqu'à 15 millions d'euros d'amende, à partir du 11 décembre 2027
- Article 69 : vos produits déjà vendus échappent aux exigences, pas au signalement
- Article 71 : en vigueur depuis 2024, le règlement s'applique en trois temps
Sources
- Règlement (UE) 2024/2847, texte authentique au Journal officiel
- Rectificatif du 2 juillet 2025 au règlement (UE) 2024/2847, articles 64 et 69
- Règlement délégué (UE) 2026/881, report de la diffusion des notifications
- Recommandation 2003/361/CE, définition des micro, petites et moyennes entreprises
- Règlement (UE) 2016/679, article 33, notification d'une violation de données
- Commission européenne, obligations de signalement
- Commission européenne, FAQ sur la mise en œuvre du CRA, section 5 (en anglais)
- Commission européenne, lignes directrices du 27 juillet 2026, section 9.1 (en anglais)
- ENISA, plateforme unique de signalement
- ENISA, FAQ de la plateforme, mise à jour du 15 octobre 2026 (en anglais)
- ENISA, guide d'inscription des représentants (en anglais)
- ENISA, guide de dépôt et de mise à jour des notifications (en anglais)
- ENISA, glossaire des champs, version 1.5 (en anglais)
- ENISA, liste des CSIRT désignés comme coordinateurs
- ENISA, fiche d'information sur la plateforme, en français
- ENISA, mise en service de la plateforme
Savoir si le règlement vous concerne
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